Partager l'article ! 1ere étape de la transat au jour le jour: Dimanche 25 septembre : Tout commence après une nuit où il fut diffi ...
Dimanche 25 septembre :
Tout commence après une nuit où il fut difficile de trouver le sommeil ! En effet, la pression monte, le départ est prévu à 17h17. J’arrive à 11h au bateau, rasé de près en vue de cette première étape qui s’annonce plutôt longue. Quelques coups de téléphone tant qu’il en est encore temps, puis arrive 13h30, l’heure de mise en configuration de course ! C’est le moment de dire au revoir aux amis venus de loin pour soutenir Okoumé et son skipper. Grand moment d’émotion ! C’est la gorge nouée et avec la boule au ventre que je les vois partir du ponton pour rejoindre le zodiac qui les emmènera en mer. Je me retrouve donc seul, avec mes parents, ce qui est nous permet d’avoir un dernier petit moment à nous. Ils monteront ensuite dans le zodiac de Bernard Pierre qui me remorquera en dehors du bassin des chalutiers.
Il est 14h30 quand Okoumé passe les écluses. S’en suit un long remorquage faute de vent en direction de la ligne de départ. Quelle joie de retrouver Edwin, David et Agnès juste après la sortie du port. Grande surprise, moi qui pensais peut-être ne plus les revoir de près ! Une heure avant le départ, il est temps de larguer la remorque qui me lie encore au zodiac des parents ! C’est même eux qui me larguent l’aussière ! On ne pourra pas dire qu’ils m’auront empêché de partir !!!!!
Essai du solent, tout va bien, Okoumé est enfin libre et peut préparer le départ. Il est 16h30, il y a des bateaux partout, 79 minis plus tous les zodiacs accompagnateurs cela fait du monde sur
l’eau ! Il faut être attentif au moindre bruit, le risque de collision est énorme et il serait dommage de tout arrêter là.
17h 08 : Début de la procédure de départ, je me place prudemment loin de la ligne, la Transat ne se gagne pas sur les 2 minutes du départ ! Top départ, ou plutôt début de la minute de silence en
hommage à Jean Marc Allaire disparu en mer quelques jours auparavant. C’est donc toutes voiles choquées que les 79 minis rendent un dernier hommage à ce marin qui devait prendre le départ avec
nous.
17h18 : La Transat commence réellement, on borde les voiles et direction la bouée de dégagement en tirant quelques bords. Je suis dans la fin du tableau mais l’objectif n’est pas là ! Ensuite, un
petit bord sous gennak en direction d’une bouée dite de Fort Boyard pour faire un peu de spectacle. Les zodiacs des amis peuvent enfin se rapprocher. C’est très agréable de les voir une dernière
fois même si c’est également très frustrant de seulement pouvoir agiter les mains pour leur dire au revoir ! Après la bouée de Fort Boyard, il est temps de remonter au près dans du vent
mollissant pour espérer ne pas passer la nuit dans le pertuis ! Les zodiacs rentrent uns à uns au port ! Encore un grand moment d’émotion lorsque je me risque à prendre la VHF pour leur dire un
dernier au revoir ! Je ne pensais pas être capable d’aligner trois mots ! Les cinq minutes qui suivent sont certainement les plus dures de cette première étape ! Un petit film pour immortaliser
ce moment de tristesse !
La nuit tombe, le vent aussi, je remonte un peu sur les concurrents partis vers l’ile d’Oléron. C’est fantastique de voir toutes ces petites lumières sur l’horizon. Je passe cette première nuit
sans trop dormir bien que je sois très fatigué par les derniers jours de préparation et par ce départ !
Etrange de se dire que cela fait 2 ans voire plus que je fais tout pour vivre ce moment là !
Dans la pétole, j’en profite pour envoyer le Gennaker et remonter quelques places. Je finis malgré tout par envoyer le grand spi vu que mes voisins le portent mais cela s’avère un échec. Vers 5h
du mat, il est enfin possible de prendre quelques minutes de repos. L’alarme de 95 décibels installés récemment fait merveille ! Dire que je finirai par m’habituer à ce vacarme !!
2ème jour : Lundi 26 septembre
Toujours aussi peu de vent, ça doit tourner au environ de 5-6 noeuds. Je reste trop longtemps sous grand spi, alors que le medium aurait certainement été plus performant dans si peu de vent. Vers
11h (Temps Universel), je décide d’empanner pour partir dans l’ouest. L’idée choisie avec l’aide de Pierre Loulier est de passer assez nord du cap Finistère pour éviter la zone de dévent au nord
du cap. Ce sera effectivement la route qu’emprunteront les gagnants de cette étape. Le pilote peut enfin barrer correctement et je commence à bien me reposer. Un peu trop sans doute car j’ai
vraiment du mal à m’imposer un rythme ce qui fait que je dors beaucoup et m’alimente peu. La sanction est immédiate, je chope le mal de tête et le cercle vicieux commence. Fatigué, la flemme de
faire à manger, mal de tête, fatigué, etc… ! Pendant 3 jours, j’aurai l’impression de me « transporter » jusqu'à Madère et non de faire du bateau ! Je ne barre que dans les moments de grande
pétole où le pilote ne peut le faire. Ce sera mon plus grand regret de cette transat. J’ai l’impression de ne pas avoir pu profiter à fond de chaque instant ! Le moral fluctue autant que la force
du vent !
En fin d’après midi, un léger vent de 10 -15 noeuds se lève ce qui redonne le moral et l’envie de faire du bateau ! Vers minuit, je décide d’empanner pour me rapprocher du waypoint météo à 70
miles au nord du Cap Ortégal. Un empannage 3 à 4 heures trop top en réalité, mais je ne le saurai qu’en franchissant l’arrivée !
3ième jour : Mardi 27 septembre
Au petit matin, le vent faiblit légèrement jusqu'à ce qu’arrive une impressionnante barre de brouillard qui coupe complètement le vent. Les vingt heures suivantes se passeront dans la brume à des
vitesses effroyables de 3 à 4 noeuds dans les surfs ! Le coucher de soleil avec le brouillard est tout de même fantastique ! La nuit suivante est vraiment difficile avec une vitesse moyenne de 2
noeuds. Je reste sous gennak ,car c’est la seule voile qui permet d’avancer et d’aller se reposer un peu dans cette pétole digne de la Méditerranée. J’ai comme l’impression que Monsieur Paraciel,
dit le roi de la pétole, a encore jeté un sort !
Nous avons même droit à une petite visite d'un volatile peu farouche!!!
4ième jour : Mercredi 28 septembre
Pétole du matin, chagrin...
Le vent revient enfin et l’on commence à tirer des bords ! Le vent finit par adonner et le gennak est renvoyé puis le code 5, puis le médium, puis le gennak. J’ai remarqué qu’à chaque fois que toute la garde robe y passe la pétole n’est jamais bien loin ! Et elle ne manque pas d’arriver à la tombée de la nuit. Le bateau recule même !!! Toute la nuit se passe à vitesse réduite faute de vent. D’autres minis passeront plus au sud avec du vent, d’autres plus au nord avec du vent aussi. Mais les cas inverses sont nombreux également. C’est le grand tirage du loto !!! Un peu épuisant d’ailleurs ! Mais le point positif de cette journée est que j’ai réussi à capter la BLU et la vacation de Denis Hugues ! En fait il fallait appuyer sur un bouton pour passer du mode AM à onde courte. J’avais changé de BLU juste avant le départ et c’était bien plus simple sur l’ancienne. Heureusement, j’avais emporté la notice !!! L’autre point positif est que le générateur que m’a prêté Rodolphe fonctionne très bien ce qui est rassurant quand le soleil est un peu absent !
5ème jour : Jeudi 29 septembre
Encore une journée de pétole en compagnie du Tiptop 585 et du Pogo2 591. Le vent de SE rentre en fin d’après midi. C’est parfait pour traverser le rail des cargos avec une bonne vitesse. J’avais
peur de croiser des dizaines de cargos mais ce ne fut pas le cas. Enfin une nuit où il y a du vent ! Ca fait plaisir de progresser un peu vers le but !
6ème jour : Vendredi 30 septembre
La météo de Denis nous annonce un petit front inactif. J’ai bien espoir de ne pas être touché par ce phénomène mais il me rattrape et je réalise donc mon premier passage de front. Assez rigolo,
mais plutôt décevant car même si le portant est bien présent juste derrière le front, il n’y a que 7-8 noeuds d’air et le vent s’écroule au bout d’une heure ! Re pétole ! Comme d’habitude, envoi
du code 5 puis du spi médium puis retour sous gennak pour finir sous solent ! Le vent de SE revient pour ne plus nous quitter pendant 3 jours ! La nuit se passe au près dans 10 à 15 noeuds.
Renaud du Tiptop 596 est une dizaine de miles devant et Marie du tiptop 660 quelques miles derrière. L'appétit revient, le pot de nutella se vide!!!
7ème jour : Samedi 1 octobre
Le vent monte jusqu'à 20 noeuds, je garde tout de même la GV haute et le bateau se comporte très bien ! Il faut dire que l’on emporte beaucoup de matériel, d’eau et de nourriture. Tout cela est
plus ou moins bien rangé dans des sacs que l’on peut matosser (on les déplace selon les allures pour améliorer l’équilibre du bateau, c’est assez fatiguant mais très efficace !).
10ième jour : Mardi 4 octobre
Après nuit bien réparatrice sous gennak dans une dizaine de nœuds, le vent reprend de sa vigueur au matin.
11ième jour : Mercredi 5 octobre
La dernière journée est assez longue car je suis pressé d’arriver. En fait, tant que l’on ne se dit pas qu’il est possible d’arriver bientôt, tout va bien ! Mais dès que l’on imagine que dans quelques heures on est sur la terre, ces quelques heures deviennent interminables ! Le début de journée se passe pour le mieux car ceux de la côte n’ont toujours pas d’air et moi je me rapproche plutôt vite avec le vent venant du large. Grosse déception quand j’apprends que le vent rentre fort (15 nœuds) le long des côtes… Je perds beaucoup de places même si les écarts en temps seront faibles ! Heureusement, j’arrive moi aussi dans cette zone de vent médium qui est très localisée ! C’est donc sous grand spi dans 20 nœuds que je passe la dernière pointe avant Madère ! C’est très stressant car je suis sur la fausse panne et le bateau peut empanner à tout moment. D’autant plus stressant que je dois être à moins de 150 m du relief !! Je décide donc d’empanner puis d’affaler à 1 mile de la ligne. Je prendrai d’ailleurs 2 ris dans la GV pour passer la ligne d’arrivée tranquillement. Brendan, sur son D2, me suit de près et je suis rassuré lorsqu’il affale à son tour ! J’ai le sourire aux lèvres en franchissant la ligne ! Je pense que cette dernière heure de portant puissant y est pour quelque chose et me fait oublier la frustration de cette option un peu trop Est !
Le bateau est en très bon état, seulement quelques petites casses. Ça promet pour la seconde étape !!!!!! J’ai hâte de reprendre la mer même s’il y a toutes les chances que l’émotion soit de nouveau à son comble ! Mais bon c’est le jeu !!!!
Mai 2009 : 2 ième de la mini-empuries 200 miles
Juillet 2009 : 3 ième du grand huit 700 miles
Juillet 2009 : 1 er du petit huit 300 miles
Juillet 2009 : 1 er du Challenge HEXIS cup le grand huit
Mai 2010 : 1 er mini sur le Trophée Lacaze
Mai 2010 : 4 ième à la Mini Golfe
Juillet 2010 : 5 ième à la Mini Max
Septembre 2010 : 5 ième à la Mini Empuries
Juin 2011 : 1er à la Mini Max (500 miles)
Aout 2011 : 8ième à la transagascogne