Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 08:32

Le cavalier seul

 

Voilà notre cavalier préféré bien seul depuis que son binôme dès derniers jours (Archin Brendan ) a fait demi tour vers Mindelo. Mathieu se retrouve sur l’arrière à l’ouest de la flotte en 32ème position . C’est finalement pas si mal avec un arrêt obligé pour cause de safran défectueux. Il va falloir maintenant retrouver le rythme, la confiance dans le bateau, pour pouvoir lâcher les chevaux et profiter de la pression d’Éole, plus présent en ce moment sur l’arrière de la flotte. Profiter des heures à venir pour tenter de recoller, de raccrocher le wagon des « moins 30 »  situé à 50 milles devant lui.

 

Parce que Mathieu est en train de vivre un épisode de la course qui est loin d’être évident, se retrouver éloigné  des autres, tout seul devant le grand océan, car c’est bien du grand saut qu’il s’agit maintenant. Tant que l’on a une île pas trop loin devant soi, orientée dans les vents portants, il est plus facile de gérer son stress de la casse mécanique. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé pour Mathieu (un arrêt au stand et hop c’est reparti). Mais maintenant il faut bien traverser et le prochain stand  est sacrément loin…Brazil Brazil. Relancer la machine pour revenir dans la course mais bien gérer le matériel pour que tout tienne jusqu’au bout…

 

Il doit s’en poser des questions notre cavalier. Mathieu nous disait au départ de cette deuxième étape craindre le démâtage. J’imagine qu’aujourd’hui c’est beaucoup plus qu’il doit craindre. C’est finalement le lot de tous les coureurs, la crainte de casser quelque chose d’essentiel. Sur ces petits minis, il y en a beaucoup des choses essentielles qui peuvent pourrir la vie du coureur : le mât ou les voiles, les safrans mais aussi les pilotes ou les fournisseurs d’énergie comme les panneaux solaires ou la « génène » sans vous parler de la quille comme l’a vécu Jean Marie Ogier lors de la première étape en tapant un ofni (objet foireux non intégré à son milieu).

 

Tout compte fait Mathieu, par les aléas de la course, a divisé la grande étape en deux : Madère-le Cap Vert et maintenant le Cap Vert – Salvador. Et il va nous la faire cette dernière et grande étape, tout seul pour l’instant, loin des ondes VHF, mais avec une vraie maîtrise de ce qu’il fait, de ce qu’il vit…. un très beau moment de sa vie, seul sur l’Atlantique avec son bel Okoumé.

 

 Profitez jeune homme, ils sont rares ces moments, et  vous ne le savez peut être pas mais nous sommes un sacré paquet à le squatter votre Okoumé. On est tous là, tout petit caché dans les bordés à vibrer de cette traversée. Alors bon vent à vous,  Cavalier !

 

Christophe Fialon , Oryx 330


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